Avis - La Religieuse

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 Jo -
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Moi j'ai adoré et adhéré. Cela m'a tenu en haleine malgré la "lenteur" du film et révolté en temps que femme. Allez-y c'est français profitons-en !
très bon film. Merveilleusement bien interprété. Faire attention aux dérives de toute nature
Un film superbe sur tous les plans : esthétique, interprétation, histoire mais aussi très émouvant. Une réussite !
Pour répondre à l'absence de sensualité de l'héroïne, évoqué dans l'avis précédent de Nelly, il convient de préciser que dans le livre de Diderot comme dans le film de Rivette, la demoiselle n'est pas attiré par les hommes, ni les femmes. ou tout au moins c'est ce qu'elle dit. donc pas de sensualité pour l'asexuelle. Pour ce qui est de l'analogie avec "la brutalité de l'ultra-libéralisme", précisons que dans l'entreprise on ne vous fait pas marcher pieds nus sur du verre et on n'est pas obligé de s'échapper pour en partir. C'est même plutôt le système qui vous éjecte si vous n'êtes pas à la norme.

Donne envie de relire Diderot et de revoir la version de Rivette (1966) pour débattre de la liberté individuelle. Une fois passée la cérémonie à plat ventre avec "bâche" qui peut faire croire à un regard empesé du cinéaste, on découvre qu'il n'en est rien ! Que le sort de la jeune fille dépend étroitement des mères supérieures, la première bienveillante, chloroformante, la seconde narcissique perverse, la troisième bouleversante bien qu'à force de se répandre elle en devienne aussi frappée (Isabelle Huppert !). Bien sûr, Pauline Etienne a l'innocence requise, le refus des compromissions, lui manquerait peut-être un brin de sensualité ?... En parallèle il y a cet appel au secours, cet homme reçu comme devant un confessionnal et retrouvé dans la diligence (pour aller où, le spectateur peut tout imaginer là encore, qui sait ce qu'il peut advenir même sous protection masculine :-) !). J'ai bien aimé le soin apporté aux lieux, ce maquillage et cet éclairage a minima, le tissu des costumes m'a parfois surprise (ces carrés blanc bien repassés sur la poitrine, ce tissu bleu de robe de chambre et... on voit les épingles !). Bien qu'attachée au calvaire que vit La Religieuse en question, je trouve qu'il y a un fort écho avec aujourd'hui, le monde entrepreneurial, sa brutalité lorsqu'on le découvre après le cocon familial, les études qui illusionnent. Ainsi malgré moi, bien davantage que le sort de ces pauvres filles au 18ème siècle, j'ai surtout senti le défi que les jeunes générations ont à relever dans le monde du travail actuel, en un mot face à l'ultra-libéralisme contemporain toujours plus dévastateur !
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